samedi 31 décembre 2011

If it makes you happy (bis)

De loin en loin, chaque appel, chaque échange, chaque contact la laisse un peu plus vide.

Rien de mieux que le temps des fêtes pour se déconnecter de soi et se perdre de vue.

Downer.



mardi 20 décembre 2011

If it makes you happy...*

Affalé sur le sofa, ivre mort, sa main cherche sans le voir un cruchon de bière largement entamé.

Son oeil est vide, sa lèvre, hargneuse.

Il l'aime, qu'il dit.

Il ne s'agit pas de le croire ou pas.

Pas quand c'est la solitude qui rapproche les corps.

Then why the hell you are so sad... *


*Sheryl Crow

dimanche 27 novembre 2011

L'opium de ces femmes

Nouveau train.
Nouveau wagon.
Nouveaux passagers.

Chaque midi, des conversations encore plus insipides.

Et pourtant... des yeux brillent quand on essaie de lancer un débat, des mains se lèvent, des bouches s'activent.

Les idées sortent, certaines peu défendables, mais elles sortent.
Ce ne sont pas les femmes qui les apportent.

Non.

Les femmes sont assises, ensemble, plus loin.
À parler chiffons, couleurs, froufrous et rubans.
À regarder ce que chacune a mis dans son assiette et mangera ou pas.
À discuter de leur prochain voyage-tout-inclus et de la taille de leur garde-robe.

À ramener leur contribution à la société au cash qu'elles auront dépensé.

Maudits soient le cocoonig, le homestaging et le scrapbooking !!

dimanche 13 novembre 2011

Mythe fondateur

Comment obtient-on le droit de vivre ?

Est-il donné par le père ou la mère ?

S'il se conquiert à coups de gueule et de poing, il serait peut-être temps de s'y mettre.

mercredi 2 novembre 2011

Étapes

J'ai fermé la porte à sa mort.

Je suis devenue une formalité administrative après la vente.

Titre de mon prochain ouvrage : L'autocrucifixion pour les nuls.

mardi 18 octobre 2011

Et de trois

J'ai encore failli me casser le pied.

Merci au congélateur et à la pâte à pizza pour leur excellent sens du timing. 


jeudi 13 octobre 2011

Rester à Go

À vous,

les déçus du plan de carrière
les manchots de la planification stratégique
les perdus dans le décor
les détournés du droit chemin
les Tanguy de la case départ
les avortés du futur
les tourneurs en rond professionnels
les amateurs d'introduction
les habitués du caniveau
les écourtichés de l'espoir
les pratiquants du passé conditionnel
les fantômes à perpet'
les regardeurs en arrière,

Que vous reste-t-il quand, au regard d'hier, le grand Rien semble s'être installé à demeure ?

Que répondez-vous à ceux qui, visiblement, sont rendus quelque part, n'importe où, et qui s'enquièrent de votre trajectoire et de son absence de destination ?

Que vous racontez-vous, face au miroir, quand le Temps n'excuse plus mais accuse, pour tenter de vous convaincre que cela n'avait au final pas tant d'importance ?

Croyez-vous vos mensonges ?
Savez-vous accueillir vos vérités ?
Vous satisfont-elles vraiment ?

Où êtes-vous quand vous n'êtes nulle part,
pas même ici et maintenant

mercredi 21 septembre 2011

Vues

Arrêt de bus. Coin de rue. Feu de circulation sur le point de tourner au vert.
Rire aux éclats d'un petit garçon qui se pense un homme au volant d'une caisse ronflante et déglinguée.
Partager ce rire avec des inconnus.
Monter dans le bus, un grand sourire innondant encore mon visage.
Le voir me voir, pour la première fois, alors que je le vois depuis des années.
Puis me rappeler qu'il est probablement gai.


vendredi 2 septembre 2011

Maux

De colères trop longtemps retenues, d'asservissement à des volontés autres
De peurs-souris devenues épouvantes-éléphants, de genoux fléchis et de nuques courbées
De ne pas savoir se tenir debout et de ramper à la face du monde


Malade

vendredi 26 août 2011

Fondation

Sur cette pierre, il bâtirait son église.

Où se trouve ma pierre?
Quelle sera mon église? Le dôme des forêts ne pourrait-il pas suffir?


samedi 13 août 2011

Juste autorité*

Dans ce monde qu'on dit fait par les hommes, pour les hommes, il est étrange de constater que ce sont généralement les femmes qui enseignent à leurs filles les règles à suivre.

Tais-toi. On ne dit pas ça. Mets-toi un sourire sur le visage. Serre les dents. Tu ne vas pas pleurer pour ça. Chuut.

Ce monde est peut-être fait par les hommes, mais il est entretenu par les femmes qui y trouvent leur compte.

Chacun son pouvoir, chacun sa domination, chacun son plus faible que soi.



*Hélène Roubeix

mercredi 10 août 2011

L'échec du matériel

La fin de l'homme


Comme il est partout
Mais surtout dans ses valises
Avant de disparaître
Dieu vend ses églises
Un arbre mort mais joli
de forme heureuse
l'est moins que ne le sera
demain la tronçonneuse ...

La poésie est là, tout autour,
fragile, fragile, fragile
et puis c'est fini
La beauté dispose
et n'a besoin de personne
Splendeur, grandeur,
hauteur autour de soi
fragile, fragile et solide à la fois
la fin de l'Homme
ne sera pas la fin du Monde

J'aime l'inutile
tout comme le fortuit
et tente autant d'amour
pour aujourd'hui
Hors de tout doute raisonnable
il n'y a que dans mon lit
où demain soit bien plus que probable ...



La fin de l'homme
Paroles et musique : Daniel Bélanger
Tiré de l'album L'échec du matériel, Éditions Achille Cassel, 2007
Tous droits réservés

mardi 26 juillet 2011

Nécessaire

J'aurais voulu que les choses se passent autrement. À haute voix, ma main serrant la sienne.

J'aurais voulu ne pas avoir à dire le noir, l'absence, l'abandon, la folie, vision que j'avais de mon côté de miroir.

J'aurais voulu être encore capable d'encaisser et garder la surface de l'étang lisse, lisse...

Mais je n'ai pas pu.

Je ne peux plus.

mercredi 20 juillet 2011

Échecs

Le prochain coup est toujours au dessus de tes forces.

Je le sais. Tu le sais.
Tu sais que je le sais.

Autrefois, ton fou prenait ma reine et mettait mon roi à genoux, sans que je puisse rien y faire. Aujourd'hui, tu ne me prends que quelques pions, une tour, parfois un cavalier. Je te vois venir.

De guerre lasse, nous abandonnons la partie, sans avoir totalement perdu ni réellement gagné.

Mais un jour, un jour, je t'aurai.

dimanche 17 juillet 2011

Fête

Quand il est là, c'est fête.

Le soleil perce d'un coup ses nuages après des siècles de lumière morte. Elle s'éveille dans une aube de cristal au son du chant des oiseaux, parfumée des effluves des fougères et des premières fleurs de lilas, sa voix comme les hoquets du ruisseau qui caracole sur les pierres au printemps. Dans sa bouche, le goût du beurre fondant sur une tranche du pain de sa grand-mère, des fraises nappées de crème, cueillies une à une dans ses champs. Sur une balançoire à sa taille, elle s'élance, s'envole et touche le ciel du bout des pieds pendant des heures. Chante à voix haute et danse, danse sans se soucier d'être vue ni entendue. Embrasse tous les passants et rit à la face des étoiles les mots interdits.

Fête. À vouloir tout refaire.

Fête.

Jusqu'à ce que sa comédie le rappelle, l'éloigne à nouveau. Jusqu'à ce que ses marées l'emportent, qu'il détourne la tête et se laisse happer par l'ordinaire. Et qu'il faille alors choisir son renoncement : volontaire ou imposé. Pour le renoncement préventif, il sera trop tard.

Alors, alors, toutes les lumières s'éteindront. Les arbres d'un jour d'un coup se flétriront. Des premiers bourgeons du printemps, son coeur passera directement à l'hiver, un hiver sans fin, sans neige, un hiver de démesure où la cendre recouvrira toute chose. Où la vieillesse s'invitera à sa table, dans sa couche, lui volera sa beauté, fera trembler sa main, vaciller son pas, rancira son pain, la desséchera tout entière.

Et qu'il s'accomplisse avec ou sans dignité, à l'arraché ou de plein gré consenti, peu importe le renoncement; quand il part, c'est à elle-même qu'elle fait ses adieux.

vendredi 15 juillet 2011

La voie du milieu

Elle cherche encore. La manière, la voie, ce milieu qui lui permettra d'accueillir, de ressentir, d'être et de s'appartenir tout en renonçant.

Quand elle renonce à lui, elle se coupe d'elle même et de sa faculté de voir, d'apprécier le monde, de ressentir, d'aimer. De vivre.

Quand elle replonge en lui, lui qu'elle ne peut pas avoir, c'est elle qu'elle retrouve et touche. Elle se remet à respirer. À vouloir. À être.

Lui a-t-elle donné son âme, ou est-ce lui qui lui en a donné une ?

lundi 27 juin 2011

Les murs

Les murs. Techniques mixtes sur carton entoilé. 
© Gabriel Lalonde, 2011.
Tous droits réservés.

samedi 25 juin 2011

Cul-de-sac

Why do I get lost so often? Is it a lack of seeking? Or precisly because I keep on doing so?

I have been walking in circles for so many years I fear I'll never be able to draw a new line ever again, nor to follow it.

I've lost track of happy memories, sunny, worry free days (not that there have actually been many of these during the last decade). None lasted. Can't help but ressent the sillyness, stupidness of this major waste. Waste of time, courage, patience, intelligence, beauty, youth. Waste waste waste! Anger fills me. And so goes the circle.

Some say I'm harsh. Some say they don't recognize me. That I have to look forward. 

How do I do that ? 

How ?

How ?

The garden is empty. A dead land. Next to a dead end.


mardi 21 juin 2011

La souris et l'éléphant

Il y a des jours avec et des jours sans.

Le défi est de faire avec un jour sans.

dimanche 19 juin 2011

Avis de recherche

Recherché : jardinier d'expérience, possédant des mains agiles et un sens certain de la Terre, pour faire pousser des rêves dans un terreau désaffecté depuis déjà trop de lunes.
Début des travaux : hier.

jeudi 16 juin 2011

Expériences

Il semblerait que la vie peut être simple, voire douce et même un peu facile, quand on ne l'arnache pas de multiples contigences. La surprise est inattendue et agréable, mais un brin irréelle... et peut-être même menaçante pour qui vit au fond d'un volcan.

Vu : le ciel mauve d'une soirée de juin en ville, soutenu par les arbres centenaires couverts de jeunes feuilles. 
Sentie : la caresse de son air apaisé, frais et tiède à la fois, affranchi de la menace de l'orage.
Obtenus : le droit d'un permis pour la liberté. Et une victoire sur moi-même.

On remet ça?

On remet ça.

mercredi 15 juin 2011

Fébrile

Depuis l'avenènement du @, elle ne sait plus comment vivre le silence. La descendance du @ crie, hurle, gesticule gauchement dans son coin, pantin désarticulié qui ne sait plus quand il doit cliquer à droite, taper à gauche, descendre la page et sauter en bas du train. Dans l'épouvante, elle noircit des pages et des pages de définitions, qu'elle interprète en continu, sans jamais faiblir. À propos de tout et de n'importe quoi.
Seule. Dans le silence.

Et si... alors... C'est que...
Pourtant... Oui mais...
Non faudrait pas penser...
Oui mais...
C'est pas possible...
Et si...
Alors, alors
Non.
Peut-être
Non.
Sûrement, sûrement que...
C'est ça
C'est ça ?
Ou bien c'est moi
Mais pourquoi ??
Bordel !
Non.
C'est parce que...
C'est ça
Et puis
Non c'est sans doute ça
C'est clair
Oui mais...
Arrête.
Arrête.
Mais arrête putain !
Tais-toi
Je ne veux plus t'entendre.
Arrête. Bon.
Ferme-la.

Et attends.

lundi 13 juin 2011

Stérile

Le mépris est un poison lent. Après des années de pratique quotidienne, vient un moment où même le plus petits des rêves n'ose plus sortir de terre et pousser un peu. Le rêve ne se rêve plus, nié, éradiqué, avorté dans l'antichambre des limbes du mépris.

Combien de temps dureront la rage et les larmes devant l'horreur reconnue de se savoir automutilé ?

mercredi 8 juin 2011

Chuuuuut

Projection, association, déviation.

Perdre le sud, chercher le nord.

Ne pas dire. Non. Ne pas dire. Ni à lui ni à elle.

Taire, taire, taire. Jusqu'à ce que cendres volent au vent.

Et qu'éclatent les rivières de colère.

jeudi 2 juin 2011

L'oeuf, la poule et la prophétie

Le noir.
La peur.
La réalité.

Le noir.
La réalité.
La peur.

La peur.
Le noir.
La réalité.

La peur
La réalité.
Le noir.

La réalité.
Le noir.
La peur.

La réalité.
La peur.
Le noir.
La réalité.

dimanche 29 mai 2011

Portée disparue.
Évanouie.
Morte.
Depuis 3 ans.

Qui s'en est aperçu ? De ce nombre, qui s'en est seulement soucié ?

S'écouter parler peut se révéler (parfois) utile.

Toujours le même refrain, qu'elle marmonnait en boucle, entre deux soupirs : si seulement on m'avait appris à (insérer ici l'habileté à vivre de son choix) : me nourrir de grand air, me respecter et croire en moi, choisir une pièce de viande, apprécier le silence et la lenteur, savoir lire la beauté quand je la croise, avoir confiance, faire confiance, aborder les inconnus, sortir de la ligne droite, etc.

Invariablement, en secouant la tête et en réprimant une larme sincère, mais ô familière, elle enchaînerait avec son autre litanie : au lieu de quoi, je sais parcourir les circulaires à la recherche d'aubaines, faire des provisions pour les jours difficiles, me préparer à une perte d'emploi, encaisser les coups, serrer les dents, baisser la tête, chialer, m'en remettre au bon vouloir des autres et aux mains des chirurgiens, etc.

Mais ce matin-là, elle s'arrêta net dans son élan : on lui avait appris à être pauvre. Et à le rester.

jeudi 26 mai 2011

Petit rien du matin*

Il ne me connaît pas, ne me parlera pas, ne me reverra pas.

Il a simplement posé les yeux sur moi.




*Circa 2006

dimanche 22 mai 2011

Deux mots

Se chevauchent les élans, les lignes de force. Au sol, en miettes, des morceaux de bonnes volontés. La giffle ne vient jamais; elle se distille, longue, lente, discrète, dans le silence aveugle des murs de sa maison. 

Pas capable.


mardi 17 mai 2011

Cartographie

On a beau savoir que sa vérité réside au fond de soi, trouver le chemin qui y mène relève de l'exploration géographique. De quel héros a-t-on besoin ? D'un Indiana Jones ? D'un Samuel de Champlain ? D'un navigateur ou d'un aventurier ? Laissez-vos noms à la consigne.

samedi 14 mai 2011

Libre-échange

Ils me tendent souvent la main.
J'y glisse un grand sourire, au lieu d'une poignée de p'tit change.

- Vous êtes très jolie, mademoiselle.

mardi 10 mai 2011

Les signes de l'âge

Réveil.
Café.
Questions.

Pourquoi s'agripper autant à la cohérence ? Pourquoi s'en réclamer, s'y rattacher comme un noyé à sa bouée alors que cette dernière n'est souvent qu'un bloc de béton déguisé dont la mission est de nous précipiter vers le fond ?

Les frontières qu'on se refuse souvent à franchir au nom de la cohérence n'en dévoilent pas un souci sincère, mais plutôt une envie folle de digression. La violence du refus est égale à celle de l'envie. Si rattacher les uns aux autres des bouts de ficelle peut procurer un semblant de sécurité, le geste n'asseoit pas les fondements d'une cohérence globale aussi grande et noble qu'on voudrait la croire. Ce n'est qu'avec le recul que se dégagera la trame de fond et qu'émergera la démarche d'une vie. Et sa couleur : pissou, rebel, chercheur d'étoiles, amateur de drames, collectionneur de grenouilles et d'estropiés.

Ce jour de l'an de grâce 2011, j'aspire à pratiquer le questionnement de mes réponses conditionnées et automatiques. Et à me foutre un peu plus de ma prétendue cohérence.

samedi 7 mai 2011

Le plan

Tant qu'à en être réduite à tout faire dans l'ombre, autant en tirer le meilleur parti : elle sera heureuse en cachette.

lundi 2 mai 2011

Le Doute

Elle ne se rappelle pas comment faire.

Ce n’est pas comme la bicyclette, ça ne revient pas spontanément en remontant en selle. L’exercice s’apparente plutôt à chausser des patins pour la première fois depuis 20 ans, à mettre le pied sur la glace et à comprendre aussitôt pourquoi on n’avait pas retenté l’expérience avant.

À force de se péter la gueule à répétition, elle en vient à croire qu’il s’agit de talent. D’un truc du genre on l’a ou on l’a pas. L’avait-elle déjà eu, ou bien faisait-elle semblant ? Quand elle se bardasse la mémoire, quand elle se gratte le bobo du souvenir, à part la poussière, seules la difficulté, la honte et la dissimulation remontent, attirées par l’aimant ferreux du présent.