Certains naviguent à vue, d'autres à l'odeur. Certains consultent les étoiles, les cartes, les statistiques, les tendances. Certains enfin se fient à leur instinct.
Elle fait tout ça et plus encore.
Mais au final, c'est l'angoisse qui la domine. L'anxiété la manipule comme une marionnette molle. Son aire de jeu n'est pas le monde, c'est un champ de mines où les explosifs s'accumulent. Elle ne marche pas la tête en l'air, ne regarde pas droit devant, non, elle reste collée au ras du sol et c'est l'angoisse qui lui intime les directions à ne pas prendre. Et certains détours pour éviter quelque péril ne se terminent que par d'autres explosions.
samedi 25 août 2012
lundi 23 juillet 2012
samedi 7 juillet 2012
Thanks, but no thanks
- As-tu des plans pour lundi ?
- Rien de coulé dans le béton, pourquoi ?
- On pourrait aller faire un pique-nique. Je suis prêt à faire un effort pour souligner ta fête, pour pas que tu sois tout seul ce jour-là. Remarque, c'est pas obligé d'être moi, ça peut être un autre aussi.
- ... je vais y penser.
- Rien de coulé dans le béton, pourquoi ?
- On pourrait aller faire un pique-nique. Je suis prêt à faire un effort pour souligner ta fête, pour pas que tu sois tout seul ce jour-là. Remarque, c'est pas obligé d'être moi, ça peut être un autre aussi.
- ... je vais y penser.
lundi 18 juin 2012
Rétroviseur
Nous voyons les autres non pas tels qu'ils sont,
mais tels que nous ne voulons pas nous voir.
Michel Cazenave, philosophe
in Psychologies magazine, #318, mai 2012, p. 82.
Cazenave dit aussi :
Parfois, on prend l'intuition pour ce qui n'est qu'une manière de regarder.
Pour toucher à l'intuition, il faut renoncer à imposer sa vision des choses, renoncer à la toute puissance du sujet.
Lâcher prise.
Faire silence dans sa propre intériorité.
samedi 16 juin 2012
De l'utilité du chômeur
Selon l'échelle Holmes-Rahe1, la perte d'emploi est le 8e facteur de stress le plus intense chez l'adulte. Il se situe juste après le décès du conjoint, un divorce, une séparation, un séjour en prison, le décès d'un proche, une maladie, un mariage, et juste avant une réconciliation avec le conjoint.
Avez-vous déjà remarqué l'insistance avec laquelle l'entourage tient absolument à s'informer dans le détail, tant individuellement que collectivement, sur ladite perte d'emploi et la nécessaire quête qui s'en suit ?
Rare est l'authentique sympathie. L'interrogatoire en règle auquel l'heureux chômeur est soumis sert plutôt à rassurer son interlocuteur sur la sécurité de sa propre situation. Une sorte de bilan de santé personnel, sur le dos de quelqu'un qui a besoin de tout, sauf de ça.
- T'as perdu ta job ? (OMG !!! J'capote !! Qu'est-ce qu'elle a fait ? Maudits capitalisses !)
- Oui, enfin non, c'est une fin de contrat. Je le savais depuis le début.
- Mais qu'est-ce que tu vas faire ? (Pauvre p'tite, je ne sais pas ce que je ferais à sa place.)
- Je regarde mes options, je cherche. J'ai une entrevue la semaine prochaine.
- T'as tellement de potentiel ! As-tu pensé envoyer ton C.V. chez Le Prince de la patate? (Je ferais quoi ?? Mon char ? Ma maison ? Ma piscine ? Je ferais comment ?)
- Je te l'ai dit, je considère mes options. Les cartes sont sur la table.
- Oui mais, mais, mais as-tu droit au chômage, kekchose ? Ça marche comment ces affaires-là ? (Moi pis le chômage... j'espère n'avoir jamais à faire une demande... la honte ma fille... nonon, ça ne m'arriverait pas...)
- Normalement oui, mais on ne vit pas riche. Je te l'ai dit, je vais voir. Au fait, tu t'en vas en vacances dans 3 semaines, toi ?
- Oui !! On descend la côte Est avec la roulotte, jusqu'en Floride. J'ai assez hâte ! Hé ! Faut absolument que je te montre les photos de Cuba, y en a une avec un serpent, tu vas ca-po-ter !
Le plus beau dans l'affaire, c'est que l'interrogatoire reprendra, presque identique, avec le prochain bon samaritain qui aura envie de tester son quotient de normalité. Multipliée par le nombre de membres de la famille, d'anciens collègues, d'amis et connaissances ainsi que de parfaits inconnus rencontrés au hasard des routes, la grande enquête aura tôt fait d'isoler le chômeur et sa disgrâce.
Qu'on ne se méprenne pas. La mine basse le chômeur devra afficher en toutes circonstances. Une mine basse étudiée, s'entend, mélange de résignation et de volonté farouche de s'en sortir, en dépit des obstacles, statistiques à l'appui. Car le chômeur ne doit jamais oublier qu'il subsiste grâce à nos taxes. Et qu'il devrait se botter le cul pour se trouver une job au pc.
1. http://www.passeportsante.net/fr/VivreEnSante/Tests/Fiche.aspx?doc=stress_ts
vendredi 4 mai 2012
Distances
Je regarde de loin. De l'accotement où j'ai mis en scène mon imitation de la vie. Où je m'enlise. Un, dix, trente ans plus tard.
Hier, un règlement de compte s'est joué de l'autre côté d'un mur vide.
"On ne tolère pas ça", qu'il a dit.
Des cris, un grand vacarme, frère des autres qui se trament souvent ici à cette heure matinale de la nuit où les réglos dorment sans joie ni peine.
Je ne réponds pas aux coups à ma porte, sauf à ceux, plus tard, de la police.
Du sang sur ma porte. Le cœur à l'envers.
Hier, un règlement de compte s'est joué de l'autre côté d'un mur vide.
"On ne tolère pas ça", qu'il a dit.
Des cris, un grand vacarme, frère des autres qui se trament souvent ici à cette heure matinale de la nuit où les réglos dorment sans joie ni peine.
Je ne réponds pas aux coups à ma porte, sauf à ceux, plus tard, de la police.
Du sang sur ma porte. Le cœur à l'envers.
dimanche 8 avril 2012
Poissons d'avril
Sonneries.
Répondeur.
Message.
Les résultats ne sont pas bons.
Attente.
Négligence.
Report procrastiné.
Hémorragie.
Dans son bocal, le grand blanc a la tête en sang.
Répondeur.
Message.
Les résultats ne sont pas bons.
Attente.
Négligence.
Report procrastiné.
Hémorragie.
Dans son bocal, le grand blanc a la tête en sang.
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