jeudi 29 juillet 2010

6 pieds de liberté



Elle m'avait amenée là pour me faire plaisir. Promis, j'allais aimer l'ambiance, la diversité, la propreté. S'y rendre avait relevé du parcours du combattant. L'autoroute était jonchée de cônes orange et de cratères martiens remplis d'eau. On avait failli laisser la transmission dans l'un d'eux, en essayant d'éviter un pick-up qui s'était donné une priorité discutable sur une verte clignotante.

La seule façade de l'édifice m'a fait tiquer. Cheap. Un entrepôt de surplus d'inventaires ou de reprises de faillites? Non, plutôt une animalerie. J'ai pas aimé.

C'était grand, propre. L'endroit m'a paru encore plus artificiel que les petites boutiques qui bradent autant des labradors que des poissons rouges dans les centres commerciaux. Une mise en scène de salon funéraire.

Je ne me suis pas attardée devant l'horreur ordinaire du cacatoès névrosé et déplumé. J'ai poursuivi mon chemin vers une galerie sombre au plafond bas où la vitre d'un aquarium laissait filtrer une lumière trouble. C'est là que je l'ai vu. 

Petit, le poil terne, l'oeil larmoyant. Recroquevillé sur lui-même, sous une mauvaise imitation d'arbre dont les branches faisaient la hauteur et la largeur de la cage. 
6 pieds cubes de liberté.

Collé sur la paroi, un écriteau : coeurs sensibles, ne me prenez pas en pitié. Un singe, ça ne sourit pas. Cette bonne animalerie m'a sauvé il y a 20 ans alors qu'un laboratoire voulait se débarrasser de moi.

Je ne connais pas toute l'histoire. Je ne sais même pas si elle est vraie. Mais si c'est le cas, d'un esclavagisme à l'autre, était-ce vraiment mieux? 20 ans à croupir dans une cage de plexiglas, à ne jamais voir la lumière du soleil, sentir le vent sur sa peau, sans grimper, courir, toucher, échanger. 20 ans à exister sans vivre.


mardi 27 juillet 2010

Tous les matins du monde

Depuis que je suis sur Twitter, je me rends compte que je ne suis pas seule à me lever aux aurores et à m'installer devant l'écran, même l'été. Les tweets de mes abonnements se mettent à défiler assez tôt dans la journée (et je ne parle pas de mes abonnements européens.)

On est plusieurs dans le même cas. Et pour certains, ça représente le pain et le beurre.

À vous tous, les crinqués du matin, je lève mon allongé !

jeudi 22 juillet 2010

Repassage à vide

Avec les années, j'assume de moins en moins de choses, d'états, d'humeurs, de sentiments, de situations. C'est pourtant l'inverse qui devrait se produire. Une sorte de récompense de l'auto-construction, de l'effort soutenu. Un A + sur le bulletin du vieillissement et de la course à la sagesse. Un droit acquis.

Ce qu'autrefois je taisais par respect pour autrui, avec une calme certitude, je le tais aujourd'hui par peur du jugement. Pour ne pas m'exposer et ne pas avoir à justifier encore et toujours ma différence.

Le silence plein de suberbe de jadis est maintenant ponctué de tics nerveux.

Eh merde.

samedi 17 juillet 2010

À la lueur des fluo comptactes

Depuis une dizaine de jours, mon appartement est devenu une cage étouffante remplie de lumière bleue. Un aquarium aux parois aveugles où Charlie et moi nous affalons qui sur la causeuse, qui sur le plancher, à la recherche d'un filet d'air tiède. L'espace, comme le souffle, se fait rare, s'amenuise. Le plafond descend et nous écrase un peu plus chaque jour. Et une lumière bleue, presque verte, inonde par moment ce bocal-marécage infecte qui nous sert de vivoir.

Sortir. Ô. Sortir.

lundi 5 juillet 2010

Avec un récipient

Oeuvre d'un artiste apprécié de moi.

Oeuvre appréciée de moi.

Oeuvre aussi appréciée par d'autres (biiiipp) de (biiipp !!!) à Toronto l'an dernier.

Oeuvre achetée par d'autres que moi.


Hélas.

© Gabriel Lalonde

at www.gabriellalonde.blogspot.com

Ajustements

La coupe n'est pas des plus impec... mais bon.

Testing, one-two one-two

Mise en place de la bécane